lundi 17 juin 2024

 J'aurais besoin de parler à quelqu'un aujourd'hui.

Je me projette dans des choses négatives, je suis pétri d'anxiété, je me réveille à 4h malgré les anxio/somnifères, et je tourne pour me réfugier dans le sommeil.

Je suis en arrêt depuis maintenant bientôt 2 ans. Au maximum c'est 3. Il faut que je trouve une solution par rapport à mon employeur, mais ça signifie y retourner (argh: Je ne vais pas reprendre le poste que j'occupais je pense, avec mon n+2 et mon n+3 qui me haissent; on va me proposer un autre poste où il s'averera que je suis incompétent, et je serai licencié pour inaptitude, voilà ce qui se passerait), ou négocier un départ, mais quand, dans encore 1 an? pour faire quoi, aller au chômage encore 1 an max? La vie que j'ai rêvée, et à laquelle je reviens toujours lorsque je suis stressé, c'est un biais chez moi depuis l'âge de 16 ans, cette vie est assez un calvaire, chaque jour ressemble au précédent, je vis mal d'être vu comme le profiteur, qui ne travaille pas (surtout avec la montée du RN au pouvoir, cela risque de s'amplifier), et hormis les échecs (qui me sortent par les yeux dernièrement), les quelques pages web que je vois et vois encore, les tâches ménagères pour m'occuper et me donner l'impression de l'activité, il n'y a : Rien. Que le sommeil. Il y a ma conjointe, si. Elle me confirme son soutien, qu'elle ne s'inquiète pas pour moi, que j'ai 'mille appartements' alors comment pourrais je être dans le besoin? J'ai juste pas compris depuis tout ce temps ce que cela signifiait de ne pas travailler, l'angoisse que cela représente, je ne m'y attendais pas. C'est une surprise, et c'est assez désastreux.

Je me répète pour me rassurer: Ma feuille de route est claire. Finaliser l'appartement à Goujon (si la copro est endettée, est-ce mon problème, je ne crois pas, sinon que cela risque de bloquer les investissements de la copro); ça signifie attendre le départ des propriétaires, faire faire les travaux d'électricité, envoyer le dossier à Solibail, faire passer M. Paillard et contractualiser, c'est assez clair alors pourquoi m'inquièterais-je? Il me restera largement de quoi réitérer et être tranquille sans des revenus professionnels ( ce n'est pas que je ne souhaite pas travailler, mais que je n'y serai pas contraint et c'est malgré tout une grande liberté à mon âge, passé 50 ans), sans les revenus de la Prévoyance. Si je vais jusqu'à la fin de l'arrêt, normalement je serai convoqué pour décider d'une petite pension d'invalidité, et qui tiendra jusqu'à ma retraite, qui sera petite aussi. Mais ça tient. Et mon anxiété fait que je cherche constamment ce qui pourrait ne pas aller, la France qui s'appauvrit tellement que les gens n'auront plus de quoi payer leur logement, des travaux exorbitants dans ma résidence principale, ou à Montgardin, une expropriation car les juifs seraient poursuivis par le fascisme... Une maladie grave qui engagerait des soins prohibitifs, un procès... Tout cela tourne dans ma tête.

Je prévois 2 semaines en communauté, une dans le Tirol et une vers Briançon. Je vois cela comme très long, et j'espère pas trop éprouvant, mais la promiscuité est difficile actuellement, et pourtant j'ai tant besoin de cotoyer du monde. Et de parler.

Ma mère est disparue, elle était ma réassurance, malgré que ce soit une personne âgée. Je me dit alors, à quoi bon? Mais le fait de me supprimer et de sortir de la réalité est tout simplement impossible. C'est une idée qui ressurgit, et qui n'avait pas été là aussi prégnante depuis ma vingtaine, je ne pensais pas que cela reviendrait si fort. Je suis à la lettre mon traitement anti-dépresseur, et je pense que cela atténue (et va continuer d'atténuer) ces idées incontrôlables. C'est une idée dans laquelle je me réfugie aussi pour fuir la réalité, je n'arrive pas à ne pas le faire et affronter la vie, et pourtant à mon âge je suis toujours là, et je n'abrègerai pas mes jours, si seulement je pouvais arrêter d'y penser. Et d'affronter le pire, qui serait quoi? Ne pas pouvoir me soigner, compter chaque centime, ne pas pouvoir à un grand âge faire en sorte que l'on s'occupe de moi? Et mourir dans la solitude et la vieillesse? Est-ce maintenant, est-ce probable, est-ce que c'est un problème que je dois me poser maintenant, et non pas vivre l'instant présent, et profiter de ma liberté plutôt, je crois.

Je ne parle pas à quelqu'un mais ça me fait toujours grand bien d'écrire mes angoisses, de les synthétiser, de les réduire à ce qu'elles sont: Des fantasmes.

samedi 25 mai 2024

ne pas savoir qu'en faire c'est l'enfer

 L'angoisse m'étreint de m'être égaré.

Je choisis une vie sans boulot, sans activité, sans reconnaissance ni sens, et je n'avais pas fait ce calcul. J'attendais de la délivrance de devoir avoir un boulot, de la liberté! et je réalise que je me retrouve face à une profusion de temps seul, à n'avoir en face de moi que des choses futiles à faire, balayer, promener les chiens, et que le reste du temps, eh bien je ne sais qu'en faire.

Cette angoisse qui m'étreint, c'est l'envie de faire des choses (ou d'avoir fait des choses? de ma journée; de me sentir serein parce que j'ai eu une activité sociale normale); et comme cette envie n'est pas comblée ( et la perspective qu'elle ne le soit plus jamais est abyssale), je fais bouillir cette énergie, cette peine, en moi, comme dans une marmite, et ça me rend anxieux de ne pouvoir accomplir.

J'ai dernièrement très peu de goût aux choses, à faire les choses, à les goûter, les espérer, les apprécier. Le seuil de ma satisfaction semble si loin à atteindre, rien ne m'émeut, rien ne m'emporte. Rien ne me passionne plus.

Je n'arrive pas à lire. L'escalade a perdu de son attrait, j'espère temporairement mais la désillusion se manifeste lors des séances que je fais depuis peu (alors que je cherche à reprendre et regagner du tonus). Je ne trouve de goût à rien. Je perds la futilité nécessaire à discuter, entretenir des relations amicales ou affectives. 

D'autres verraient ma situation actuelle comme idyllique, mais c'est assez difficile, et j'ai de la peine. Je m'emmerde. Rien ne me transporte, ne me motive. Je me destine à attendre, à me regarder le nombril jour après jour, qu'il me reste, cette infinité de jour devant moi à n'avoir pas de valeur ou de plus-value; juste le rejeton d'une situation qui s'alimente d'elle même, de me permettre de ne pas travailler. J'en concevais tant de liberté, mais ne pas savoir qu'en faire c'est l'enfer ( comme la chanson de Less' du Neuf le met en garde).

Faire du sport est difficile, dur de se motiver, mais mon cher ça va continuer à être primordial. Tu ne dois pas arrêter l'activité sportive, non seulement car cela t'occupe, mais aussi cela t'entretient et te maintien en activité; je préfère te motiver à maintenir un niveau d'activité quotidien, plutôt que de te dépeindre si tu ne fais rien. D'ailleurs, l'un dans l'autre ça ne peut pas être possible, tu dois lorsque tu tournes en rond, prendre tes baskets, prendre ton vélo, prendre ta serviette ou tes chaussons et aller te dépenser, aller rechercher les endorphines qui sont nécessaires à ce que tu ne broies pas du noir.

Tu évoques en secret les missions de bénévolat. Je trouve cela très sain. Je trouve cela aussi essentiel que le sport du paragraphe plus haut. Tu devrais commencer par une mission de bénévolat, il y a ce site que tu viens de voir... Rien d'engageant, mais tu seras content d'en parler, de l'avoir fait, de pouvoir l'évoquer avec ta conjointe... Car tu palis aussi face à elle, et tu perds du flambant, elle est pleine d'activité et toi tu es si désoeuvré, elle sera si heureuse que tu t'actives!

Ta vie pourrait elle être comblée ainsi? Une pratique assidue sportive, et des activités bénévoles enrichissantes? Cela semble prometteur, tout à l'heure tu pleurnichais dans le giron de ta conjointe, ce serait bien que tu reviennes vers elle plus positif, et plus aimable (dans les 2 sens).