samedi 25 mai 2024

ne pas savoir qu'en faire c'est l'enfer

 L'angoisse m'étreint de m'être égaré.

Je choisis une vie sans boulot, sans activité, sans reconnaissance ni sens, et je n'avais pas fait ce calcul. J'attendais de la délivrance de devoir avoir un boulot, de la liberté! et je réalise que je me retrouve face à une profusion de temps seul, à n'avoir en face de moi que des choses futiles à faire, balayer, promener les chiens, et que le reste du temps, eh bien je ne sais qu'en faire.

Cette angoisse qui m'étreint, c'est l'envie de faire des choses (ou d'avoir fait des choses? de ma journée; de me sentir serein parce que j'ai eu une activité sociale normale); et comme cette envie n'est pas comblée ( et la perspective qu'elle ne le soit plus jamais est abyssale), je fais bouillir cette énergie, cette peine, en moi, comme dans une marmite, et ça me rend anxieux de ne pouvoir accomplir.

J'ai dernièrement très peu de goût aux choses, à faire les choses, à les goûter, les espérer, les apprécier. Le seuil de ma satisfaction semble si loin à atteindre, rien ne m'émeut, rien ne m'emporte. Rien ne me passionne plus.

Je n'arrive pas à lire. L'escalade a perdu de son attrait, j'espère temporairement mais la désillusion se manifeste lors des séances que je fais depuis peu (alors que je cherche à reprendre et regagner du tonus). Je ne trouve de goût à rien. Je perds la futilité nécessaire à discuter, entretenir des relations amicales ou affectives. 

D'autres verraient ma situation actuelle comme idyllique, mais c'est assez difficile, et j'ai de la peine. Je m'emmerde. Rien ne me transporte, ne me motive. Je me destine à attendre, à me regarder le nombril jour après jour, qu'il me reste, cette infinité de jour devant moi à n'avoir pas de valeur ou de plus-value; juste le rejeton d'une situation qui s'alimente d'elle même, de me permettre de ne pas travailler. J'en concevais tant de liberté, mais ne pas savoir qu'en faire c'est l'enfer ( comme la chanson de Less' du Neuf le met en garde).

Faire du sport est difficile, dur de se motiver, mais mon cher ça va continuer à être primordial. Tu ne dois pas arrêter l'activité sportive, non seulement car cela t'occupe, mais aussi cela t'entretient et te maintien en activité; je préfère te motiver à maintenir un niveau d'activité quotidien, plutôt que de te dépeindre si tu ne fais rien. D'ailleurs, l'un dans l'autre ça ne peut pas être possible, tu dois lorsque tu tournes en rond, prendre tes baskets, prendre ton vélo, prendre ta serviette ou tes chaussons et aller te dépenser, aller rechercher les endorphines qui sont nécessaires à ce que tu ne broies pas du noir.

Tu évoques en secret les missions de bénévolat. Je trouve cela très sain. Je trouve cela aussi essentiel que le sport du paragraphe plus haut. Tu devrais commencer par une mission de bénévolat, il y a ce site que tu viens de voir... Rien d'engageant, mais tu seras content d'en parler, de l'avoir fait, de pouvoir l'évoquer avec ta conjointe... Car tu palis aussi face à elle, et tu perds du flambant, elle est pleine d'activité et toi tu es si désoeuvré, elle sera si heureuse que tu t'actives!

Ta vie pourrait elle être comblée ainsi? Une pratique assidue sportive, et des activités bénévoles enrichissantes? Cela semble prometteur, tout à l'heure tu pleurnichais dans le giron de ta conjointe, ce serait bien que tu reviennes vers elle plus positif, et plus aimable (dans les 2 sens).