J'ai tenu en tout 29 jours.
Puis j'ai rechuté.
'Pas longtemps', je crois 4 ou 5 jours.
Et puis re-sevrage, et puis aux abords des vacances, forte rechute, sans limite, complêt lachâge. Au début 4 bières ('que' 4 bières...); 2 jours plus tard, le soir du départ, je pense, ... un pack de 6 + 1,5 litre de bière.
Et puis quasi la moitié de mes vacances à m'aviner sévèrement.
Je reprends le contrôle ( l'ai-je seulement perdu? Ne suis-je pas celui qui porte le verre aux lêvres?), après quelques efforts qui ne valent pas tripette, suite à une nuit quasi complête d'insomnie, au cours de laquelle même l'usage d'un anxio ne m'aide pas à trouver le repos.
Je téléphone le lendemain, longuement, à mes contacts aux A.A, et à la permanence.
Lorsque je téléphone dans la journée, aux amis, je ne bois pas de la journée. Cette règle n'a pour l'instant jamais été invérifiée.
Hier, j'ai retrouvé le sommeil sans l'aide de l'arprazolam.
Il faut dire que je passe une semaine déplaisante, en hautes-alpes, presque tout seul (sauf la présence d'un ami d'enfance, qui est en couple, ils sont beaux et amoureux, heureux, cela me fait mal, mais surtout cela me gêne de ce qu'ils pourraient penser, j'en viens de plus en plus à croire que l'on me regarde comme un solitaire curieux, qui n'appelle pas le contact, ... et qui ne le trouve pas). Pour 11 jours, tout seul, en résumé. Il fait moche, de toutes façons je n'ai pas le goût d'aller au ski, il me reste, la bouffe, les cinés, les échecs. Et au début de la semaine, cet alcool, qui ratisse toute autre envie ou désir, le ratiboise comme de l'herbicide; et qui ne laisse qu'un désert de dépression, où rien ne pousse, pas une fleur, pas une joie; où à des vagues de pleurs incontrôlés, partant des tripes, succèdent, l'on ne sait pas quel moyen, des pensées sombres, des peurs, des angoisses, de la déraison.
Je comprends mieux ma maladie, celle que j'ai créée, celle qui s'est glissée dans les interstices de mon psychisme: L'alcoolisme.
J'agis en cycle; l'alcool en excès ( et ces excès se font plus forts à chaque rechute, comme s'il était en colère, s'il m'en voulait de vouloir me débarasser de lui) m'écoeure, me fait peur, et j'arrive à y mettre le olà. Ensuite, le sevrage, plus ou moins réussi, mais de manière générale ( en se projetant sur une année, ce blog peut en attester), plus fréquent et fréquemment fructueux. Après, et je dois encore relire ce blog pour m'en rappeler à l'heure actuelle où je me sens déprimé et où je vois tout en noir, une phase d'euphorie, de bonheur relatif, d'activité, de projets, de confiance.
Puis, un voile, une volée de corbeaux, dans ma tête.
La destruction est là, elle m'appelle, fait feu de tout bois, de tout argument, de toute détresse, apitoiement, de tout sentiment, qu'il soit de joie, de colère, de peur, de jubilation,
elle utilise une émotion plus forte pour revenir à nouveau.
Le cycle recommence.
Un bon conseil des amis a été le suivant: La rechute, lorsqu'elle est passée, l'on ne peut pas la changer. Mais il faut tout faire pour en limiter l'ampleur, la durée, limiter l'alcool, ne pas s'en gorger, faire tout pour vider la bouteille à demi vide, et ne pas la boire. La rechute fait partie de la vie de l'alcoolique, elle est une facette de celle de l'abstinent débutant, elle est le couperet de celui aguéri.
En limiter l'ampleur, lorsque ce vol de corbeau plonge sur mon désespoir.
vendredi 26 mars 2010
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