mardi 11 décembre 2012

Bilan, encore

Tel une lancinante psalmodie, expiatoire et rédemptrice, je revis encore et encore, et les minutes qui précèdent, cette section de 4 mouvements qui mène à ma chute.

j'ai manqué de :


* lecture précise de toute la voie, du début, à la fin, sans rupture et omission, totale, complête, projetée, à rebours, vérifiée, revérifiée, survérifiée. Et je n'ai pas transité du bas en haut, mentalement. J'ai lu jusqu'à ce pas, et depuis ce pas jusqu'en haut.

* de force pliométrique explosive

* de positionnement basique

* de recalage dans la voie

* de temporisation et réflexion parce encore de la marge au moment de la chute (bien que je me retrouve sur des petites prises et je n'avais pas anticipé, cela prend beaucoup trop d'importance à ce moment là).

j'ai donc mal géré avant la voie (lecture), avant le mouvement (temporisation, réflexion, sang-froid, recalage, gestion de la surprise, utilisation de la marge, énumération des stratégies possibles), et dans le mouvement (positionnement basique, adoption de la bonne stratégie, explosion, engagement, volonté et motivation, positivisme).

Mais mon ecueil s'est inscrit bien avant le départ (mauvaise lecture, mauvaise disposition psychologique : on me dit "ça va toper", et moi je baisse les yeux, je n'y crois pas... j'émets des mauvaises ondes et un stress palpable par les autres, on me le fait remarquer... je dis tout haut " mais tout le monde tope toutes les voies !" et je ne pressens pas en moi-même que je vais faire la même chose); et surtout, surtout, avant la voie je ne l'ai pas redéroulée jusqu'au bout.

Cet échec s'est écrit dans les secondes précédent le mouvement, dans cette surprise et ce fatalisme; et dans ce mouvement, si peu volontaire, avec mon esprit qui s'égare à focaliser sur le fait que mon parcours s'arrête là.

Quand j'engage cette tentative, je n'y crois pas; mais plus encore, je ne me peux tout simplement pas me résoudre, me rendre à l'évidence que je suis passé à côté lors de la lecture, et que je n'ai pas vu que la prise était si loin, que le pas était si grand, qu'il fallait s'y préparer.

Quelle bizarre ambivalence entre cette absence de croyance que je vais toper, et cette certitude indéboulonnable que je ne peux avoir mesévalué ce pas, que s'il était dur je l'aurais vu du bas, ou surtout que j'aurais vu du monde lutter dedans; or tout le monde est passé sans effort apparent.

Ce pas était caché, il est surgi d'une autre dimension spatio-temporelle.

La chute est comme dans de la ouate.

Quelqu'un a filmé du meilleur des angles, ma tentative. On m'y voit, avec une netteté saisissante, engager ce mouvement avorté, puis comme tomber directement, comme si je me dressais pour tomber.

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